Leur corps expliqué aux enfants

Article trouvé sur le blog Olympe et le plafond de verre.

L’une des polémiques du jour sur twitter concerne un livre qui vient d’être publié avec pour auteurs Laure Monloubou dessinatrice, et Michel Cymes  le docteur bien connu qui passe à la télé.

Les pages concernant les organes reproducteurs sont critiquées et je trouve qu’il y a de quoi. J’ai, sur ma page facebook, partagé un statut, qui décrit très bien le problème mais il a eu assez peu d’écho ; mystère des algorithmes. Je prends donc le temps d’en faire un vrai billet car je trouve qu’il y a de quoi, d’autant plus que sur twitter Michel Cymes lui-même a refusé d’aborder sérieusement la question traitant avec mépris celles qui l’interpellaient.

Je précise que j’ai repris les photos trouvée sur facebook et twitter n’ayant pas ce livre en ma possession (et pas l’intention de l’acheter)

Je rappelle que le titre de cet ouvrage est « Leur corps expliqué aux enfants »

En gros les filles n’ont pas d’organes reproducteurs puisque la zézette se réduit à la seule fonction urinaire. Il n’est même pas fait mention de l’utérus.

Voici la description qui figure en dessous de l’image du garçon.

Le zizi, ou pénis comme disent les adultes, ne se trouvent que chez les hommes, petits et grands. Il est relié aux testicules qui produisent les testicules qui serviront à faire des bébés plus tard. Les testicules ne supportant pas la chaleur sont placés en dehors du corps. Le pénis est aussi relié à la vessie qui est la poche contenant le pipi. Le pipi passe par un tuyau, l’urêtre, et sort par un petit trou situé au bout du gland. Certains glands sont recouvert par de la peau. C’est le prépuce. D’autres zizis n’ont plus cette peau. Avec ou sans cette peau le zizi fait pipi, c’est le plus important.
Parfois le zizi devient dur et pourtant il n’y a pas d’os., C’est parce qu’il se remplit de sang. C’est très bien cela prouve qu’on est en bonne santé.

Voici celle qui figure en dessous de l’image de la fille.

Quand on est un garçon on a un zizi et quand on est une fille on a une zézette, ou cocotte ou minou.

Remarquez déja qu’on ne sait pas comment les adultes nomme cette partie du corps.

C’est par là qu’on fait pipi. Personne ne doit toucher à la zézette d’une petite fille ou le zizi d’un petit garçon, sauf papa ou maman pour les laver si ils ne peuvent pas le faire tous seuls.

Et c’est tout !

Une petite fille qui aurait la curiosité de comprendre sa vulve avec cette description pourrait en conclure logiquement que le vagin sert à faire pipi puisque la sortie de l’urètre n’est guère perceptible.

Sur  la page suivante le sexe du petit garçon est détaillé, ce qui n’est pas le cas pour la fille a qui on explique qu’elle doit s’essuyer correctement les fesses pour ne pas attraper de maladies.

On en est donc encore là en 2017

Et c’est regrettable que cela provienne de l’ouvrage de quelqu’un d’influent.

Les garçons ont un pénis qui est décrit et expliqué. Les filles n’ont rien d’autre qu’un orifice qui sert à faire pipi. On croirait du Freud . Depuis quelques temps la description et le fonctionnement du clitoris ont fait l’objet de nombreux articles. Mais on s’aperçoit que, bien en amont, le mot vulve semble un gros mot et que la description de celle-ci est sans objet, puisque invisible.

Serai-je malade docteur Cyme ?

Rose ou bleu, ils choisissent

Voici un article d’une mère de famille qui est tombée sur des publications destinées aux enfants et vraiment très genrées… (piqué ici sur le web). On lira ensuite la réponse de la société éditrice,  pas piquée des vers!

Je suis vraiment choquée !

Alors, je vous explique. Je fais des courses avec toute ma bande et Baptiste m’interpelle. « Regarde maman, ça va te plaire … »

dsc00408 Bon, il me connait bien mon garçon, il sait que ça a le don de m’agacer ces livres/cahiers réservés aux filles et aux garçons. Comme s’ils ne pouvaient pas faire les mêmes activités! Vous avez déjà eu droit à deux articles coup de gueule sur le sujet : marre du rose et boy’s book. Donc déjà, je commence à pester contre cette manie qu’ont maintenant les éditeurs de faire des cahiers filles et garçons… Comme par hasard, les filles ont droit aux princesses, danseuses et autres fées et licornes. Pour les garçons, c’est chevaliers, pirates et dinosaures. Bon, ça, malheureusement, ça n’a rien d’extraordinaire, ils ne sont pas allés chercher bien loin … Et puis si vous regardez bien sur ces deux cahiers qui s’adressent l’un comme l’autre à des enfants du même âge, il y a une carte du monde à l’intérieur. Très bien ! Je jette donc un oeil ! 

J’ouvre le cahier « garçon » : une carte du monde assez sympa illustrée.

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J’ouvre le cahier fille :

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Euh … il y aurait pas un problème là ?

Je regarde l’autre moitié de la carte (de l’autre côté de la planche des autocollants) :

côté garçon :

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côté fille :

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NON MAIS ILS NE SE FOUTENT PAS UN PEU DE LA GUEULE DU MONDE LA !!!!!

Je ne sais pas vous, mais je suis hyper choquée !!! Alors les filles qui sont quand même un peu connes et gnangnan, il faut bien le reconnaître, on va leur mettre du rose dans la carte sinon elles ne vont pas la regarder et des animaux trooooop mignons ! Et les garçons quand même nettement plus malins et qui ont soif de connaissances, on peut leur apprendre quelques éléments de culture, les monuments, les habitants du monde, la végétation, les zones polaires …

Je ne peux pas vous dire pour le reste des cahiers, je ne les ai pas épluchés au magasin, je n’avais pas le temps, mais là, je suis restée vraiment abasourdie par tant de bêtise … Les enfants étaient tout aussi choqués que moi …

Alors si ça vous choque aussi, rouspétez avec moi, partagez, faites suivre … Si vous trouvez que j’exagère et que ça ne vous choque pas autant que ça, venez me le dire aussi mais moi, je suis outrée !

Réponse sur la page facebook de Magnard Jeunesse :

Nous avons vu depuis hier les critiques concernant la collection de parascolaire « Mon cahier d’activités », sur notre page facebook et sur les réseaux sociaux.
Voilà la réponse que les éditions Magnard souhaitent faire à tous ceux que ces cahiers ont choqué :
« Les critiques concernant le contenu des ouvrages « Mon cahier d’activités » sont infondées : les activités pédagogiques proposées sont les mêmes d’un cahier à un autre, aucune discrimination n’est faite entre les filles et les garçons dans les apprentissages, ni ailleurs !
Les thèmes proposés sont variés : ainsi, on trouve la thématique de la cuisine pour les garçons, et celle des instruments de musique, pour les filles…
Concernant la carte du monde, elle est, dans chacun des ouvrages, l’interprétation libre d’un illustrateur sur le thème du monde, l’un ayant préféré aborder cela sous l’angle des animaux, l’autre sous l’angle des monuments, sans aucune arrière-pensée sexiste.
Ces cahiers sont avant tout des ouvrages ludiques et nous sommes sincèrement désolés si certaines personnes ont voulu y voir une atteinte à l’égalité homme-femme ! »

« Quand les féministes donnent envie d’être sexiste » Et ta mère, elle est sexiste?

Le 21 avril dernier, Philippe Bilger publiait un article sur le figaro.net pour parler de la polémique de la réédition des carnets de santé des Bouches-du-Rhône. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on est pas trop d’accord avec Phiphi. (Alors oui, j’aurais pu en parler plus tôt, mais j’étais un peu occupée à parler de sexe. Et si on peut éviter de lier ma vie sexuelle et un homme né en 1934, je suis plutôt pour).
Alors, cette polémique.
Donc, le conseil régional des Bouches du Rhône a édité un carnet de santé avec une couverture over cliché sexiste par delà la Lune. Du coup, quand les gens ont commencé à se plaindre, les 33 000 carnet ont été réédités. En terme de thune dépensée pour que dalle, ça se pose là cette histoire. En même temps, en terme de sexisme bien moche, on est pas mal. Voici la jolie couverture qui ne choque absolument pas Phiphi :
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La suite est à lire par ici.

À propos du prix Nobel de la paix : Malala Yousafzai et le complexe du sauveur blanc

malala-yousafzai-and-talibanVoici un coup de gueule d’Assed Baig à propos du prix Nobel de la paix qui vient d’être remis à Malala Yousafzai, jeune pakistanaise qui avait été gravement blessée par des hommes armés talibans, en raison de son engagement pour l’école. Son article, traduit de l’anglais, est publié par le site État d’exception (voir le lien ci-après.)

Assed Baig (@AssedBaig) est un journaliste de presse écrite et audiovisuelle basé à Londres. Il a couvert des événements partout dans le monde, y compris en Somalie, Libye, Myanmar et Pakistan. Il travaille actuellement en tant que pigiste et à la réalisation de documentaires. Il a précédemment travaillé pour la BBC dans les Midlands en tant que journaliste et connaît bien les histoires relatives à la communauté musulmane. Assed a vécu et étudié en Syrie et en Mauritanie. Il contribue au New Statesman, Vice, Huffington Post, ainsi qu’à d’autres titres. On peut lire son article en suivant le lien ci-dessous.

Malala Yousafzai et le complexe du sauveur blanc | Etat d’Exception.

Les avantages à naître et grandir homme en France

Lorsqu’on naît en France en 2014, on est, dans l’immense majorité des cas, assigné mâle ou femelle et on sera ensuite éduqué, socialisé en fonction de cette assignation de genre. C’est la fameuse phrase de Beauvoir ; « on ne naît pas femme on le devient » et il en est de même pour les hommes ; on ne naît pas homme, on le devient par des processus de socialisation et d’éducation. On va vous apprendre des comportements, des attitudes, des manières de parler, de jouer, de travailler qui correspondront à ce qu’on attend d’un homme, ou d’une femme au XXIème siècle en France.

De façon quasi universelle, dans le monde, les familles préfèrent avoir un garçon qu’une fille. Dans certains pays, comme par exemple en Inde, on aura plus tendance à avorter d’un fœtus féminin, voire à tuer la nouvelle née dans certains pays. On tend également à pratiquer davantage d’échographies pour vérifier qu’on va bien accoucher d’un garçon et, dans de nombreuses familles, on dit vouloir continuer à faire des enfants jusqu’à ce qu’on ait un garçon.

Garçons et filles sont donc éduqués différemment et ce qu’on apprend aux garçons est valorisé, considéré comme plus intéressant, plus utile, que ce qui est enseigné aux filles.

Lire la suite par ici.

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