La militante palestinienne Khalda Jarrar a été arrêtée !

khalida_jarrar_02042015Nous relayons ce communiqué du Collectif Coup Pour Coup 31 (via Quartiers libres):

Très tôt ce matin, jeudi 2 Avril, plus de 60 soldats de l’occupation israéliennes ont attaqué la maison de la parlementaire palestinienne Khalida Jarrar, une dirigeante de la gauche palestinienne et féministe. Elle a été brutalement arrêtée, l’armée est rentrée chez elle à coups de pied dans la porte d’entrée et tenant son mari dans une chambre séparée.

Dirigeante du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), Khalida Jarrar a résisté à la volonté de l’armée d’occupation de l’expulser de Ramallah à Jéricho pour six mois en septembre 2014.

Qui est Khalida?

Khalida est une avocate palestinienne, spécialisée dans la défense des prisonniers palestiniens au sein du réseau Addamer. Elle préside le Comité du Conseil législatif palestinien des Prisonniers. Elle est également active dans le mouvement des femmes palestiniennes, une voix féministe de premier plan pour la défense des droits des femmes.

Depuis 1998, elle est interdite de voyager à l’extérieur de la Palestine occupée; en 2010, alors qu’elle avait besoin d’un traitement médical en Jordanie, elle a lutté pendant des mois dans une campagne publique avant de finalement recevoir son traitement.

En août septembre 2014, une campagne internationale en soutien à Khalida Jarrar fut lancée, exigeant l’annulation de « l’ordonnance de surveillance spéciale » et de son transfert forcé de Ramallah à Jéricho. Jarrar a refusé l’expulsion à Jéricho. Au lieu de cela, elle a mis en place une tente de protestation dans la cour du Conseil législatif palestinien à Ramallah, où elle a vécu et travaillé jusqu’à ce que l’ordonnance fût levée le 16 Septembre, 2014. « C’est l’occupation qui doit quitter notre patrie », a déclaré Jarrar. La tente a été visitée par de nombreuses délégations palestiniennes et internationales, y compris les membres internationaux du Parlement.

Aujourd’hui, Il y a 18 membres du Conseil législatif palestinien élu emprisonnés par Israël, 9 en détention administrative sans procès ou sans charge. Les membres du CLP ont été à plusieurs reprises et systématiquement ciblé par les forces d’occupation israéliennes.

La campagne Khalida Jarrar solidarité est réactivée pour exiger sa libération immédiate.

Libérez Khalida Jarrar !

Palestine vivra, palestine vaincra !

Pas au nom du féminisme !

 Qui seraient les personnes visées par une telle loi ? Des femmes, majeures, musulmanes. Il s’agirait donc de discrimination sexiste. Au nom du féminisme. Pour résumer : les partisans de cette proposition prônent une loi qui viserait finalement à exclure du système éducatif ces femmes qu’ils prétendent vouloir défendre !
Comme le soulignent les universitaires à l’origine d’une lettre ouverte à Mme Boistard, (qui a reçu l’appui de plus de 1 800 universitaires à ce jour et à laquelle je me suis associée, en tant qu’universitaire et féministe – lire le texte de cette lettre ci-après), cette dernière ne peut ignorer que depuis plus de dix ans, la question du voile «n’a fait qu’instrumentaliser à moindres frais les droits des femmes au profit de politiques racistes, aux relents paternalistes et colonialistes». Ni que la laïcité, c’est l’interdiction du port de signes religieux pour les agents de l’Etat et non pour les citoyens auxquels la loi garantit, par contre, la liberté de culte.

C’est à ce titre que l’exclusion des filles voilées de l’école primaire avait été condamnée par le Conseil d’Etat, lors de la première «affaire du voile» en 1989, comme une forme de discrimination religieuse contraire au principe de laïcité garanti par la Constitution. L’évolution du contexte sociopolitique et la progressive fabrique du «problème musulman» (1) ont rendu possible la remise en cause de cette décision par la loi de 2004 qui interdit le port de signes religieux dans les établissements primaires et secondaires publics. Et l’on assiste, depuis, à une progressive exclusion des femmes portant le foulard de la sphère scolaire et économique (des employées de crèches privées subventionnées, aux mères d’élèves interdites d’accompagner les sorties scolaires par la circulaire Châtel de 2012), au nom d’acceptions toujours plus extensives de la «mission de service public».

La proposition d’interdiction du voile dans l’enseignement supérieur correspond ainsi à une étape supplémentaire du processus de discrimination légale par capillarité analysé par les sociologues Hajjat et Mohammed (1). Si elle a été désavouée par M. Valls (pour l’instant), elle n’en porte pas moins la potentialité d’un racisme et d’un sexisme d’Etat.

Mais d’où vient, et à quoi sert, cette proposition ? Elle n’est pas issue de la communauté universitaire qui n’a jamais constitué cette question en «problème», contrairement à celles du harcèlement sexuel et du sexisme à l’université, de la casse des services publics d’enseignement, de la fermeture des services sociaux et médicaux à destination des étudiants ou encore de l’absence de crèches dans les universités, rappelées dans la pétition susmentionnée.

Ce n’est donc pas dans le champ académique que se situe la genèse de cette proposition de loi, mais dans le champ politique et dans la concurrence qui s’y joue entre professionnels de la politique. Mme Boistard reprend cette proposition, à quelques semaines des élections départementales, à certains ténors de la droite, à des fins électoralistes à peine voilées (sans jeu de mots) : en préemptant la thématique de la stigmatisation des musulmans à ses adversaires (la droite l’ayant déjà reprise au FN), le PS espère récupérer des voix auprès d’un électorat qui ne lui est pas traditionnellement acquis. On ne peut que souscrire au constat d’une déshérence idéologique profonde du PS – analysé dans les travaux de Rémi Lefebvre sur le PS (2) – dans un contexte où cette «gauche» a abandonné ses valeurs et propositions (quid du vote des étrangers aux municipales ? de la PMA ? de la renégociation du traité européen pour privilégier la croissance et l’emploi ?) pour se ranger à l’austérité.

Alors, s’il vous plaît, Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, ayez au moins la décence de ne pas dissimuler vos errances électoralistes sous le voile du féminisme ! Et n’allez pas crier au loup au soir du 22 mars si d’aventure le FN venait à faire un score élevé : vos politiques d’austérité et de stigmatisation des jeunes des quartiers populaires font le lit de l’extrême droite qui a toujours prospéré sur la misère sociale et la recherche d’un ennemi intérieur, que vous leur servez là, sur un plateau d’argent.

(1) «Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman »», par Abdellali Hajjat, Marwan Mohammed, La Découverte, 2013. (2) «Les Primaires socialistes : la fin du parti militant», éd. Raisons d’agir, 2011.

Julie Pagis est chercheure en sociologie politique au CNRS.

Lettre ouverte à la Secrétaire d’Etat aux droits des femmes – Madame Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat déléguée aux droits des femmes : Non à l’interdiction du voile à l’université – 7 mars 2015

Madame la Secrétaire d’Etat déléguée aux droits des femmes,

Nous appartenons à la communauté universitaire et sommes toutEs en charge d’une mission de service public qui, au-delà de la formation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, participe à construire un espace démocratique qui au jour le jour s’invente comme un espace de dialogues, de débats ; un espace traversé d’antagonismes (y compris avec nos présidences et conseils d’administration), mais aussi de solidarités, un espace ouvert sur le monde dont nous héritons en commun, une agora qui se recrée à chaque heure dans nos amphis, dans nos « cafèts », sur nos parvis ou les murs de nos campus, et ce, malgré les conditions matérielles déplorables qui sont celles de nos institutions. S’il y a bien un lieu dans notre République, où la liberté de pensée et d’expression, ou plutôt, le droit de cité se vit ici et maintenant, c’est encore au sein des universités – et même les tentatives qui ont visé à mettre à mal cette liberté autogérée (en envoyant ces dernières années les forces de l’ordre traditionnellement interdites dans nos espaces en cas de conflit, de contestation ou d’occupation), ne sont pas parvenues à nous désespérer de penser la complexité du monde social et les enjeux du vivre en commun, comme à en expérimenter les conditions possibles.

Or, vous ne pouvez ignorer que depuis plus de dix ans le voile, sur lequel vous vous exprimiez encore récemment, est une question qui n’a fait qu’instrumentaliser à moindres frais les droits des femmes au profit de politiques racistes, aux relents paternalistes et colonialistes – définissant pour les femmes de bonnes manières de se libérer, blanchissant une partie des associations féministes en les dédouanant de s’engager contre le racisme y compris dans leurs propres rangs et, inversement, en permettant à des associations dites « communautaires » d’assimiler le féminisme au bras armé de vos politiques islamophobes. La classe politique et votre parti, en exposant aux discriminations les plus brutales des femmes portant le voile (lynchages de jeunes filles, de femmes enceintes et de mères, discriminations à l’embauche, exclusions des écoles publiques, etc.), a fait le lit des nationalismes et doit être tenu pour responsable d’une situation de tension sociale sans précédent.

Vous avez déclaré, en tant que secrétaire d’Etat aux droits des femmes, être « contre le voile à l’université ». Indépendamment de l’inactualité nauséabonde d’une telle prise de position, comment pouvez-vous, « au nom des droits des femmes », vous exprimer contre la liberté et l’égalité entre toutes les femmes ? Comment pouvez-vous considérer qu’il serait pertinent dans ce cadre d’exposer une partie des étudiantes aux rappels à l’ordre des instances dirigeantes des universités ou de quelques mandarins en mal de « mission civilisatrice », pourvus d’un droit discrétionnaire à exclure et à réglementer un droit de cité inaliénable et non négociable ?

Vous acceptez ainsi d’être la porte parole – non pas des femmes – mais d’entrepreneurs de leur seule carrière politique et médiatique, pourvoyeurs de haine et de fantasme. A l’opposé d’une telle rhétorique, en tant que Secrétaire d’Etat déléguée aux droits des femmes, votre mission et votre responsabilité, si vous souhaitez vous intéresser à l’université, seraient pourtant des plus nobles mais aussi des plus considérables : depuis des années, aucune politique publique n’a souhaité financer à hauteur de nos besoins un véritable plan national de lutte contre le harcèlement sexuel et le sexisme à l’université, aucune action efficace, pérenne, n’a visé à lutter contre les exclusions et la paupérisation des étudiantEs ou des personnels administratifs – qui sont en grande majorité des femmes, et qui assurent au jour le jour nos conditions d’études.

Vous voulez œuvrer pour le droit des femmes à l’université ? Remettez en place un service de médecine universitaire digne de ce nom à même de fournir une information et des soins notamment relatifs aux droits reproductifs toujours plus menacés par la « crise » ; assurez-vous que les services sociaux à destination des étudiantEs et des personnels ne soient pas systématiquement la première ligne budgétaire que nos présidents et CA suppriment, que des transports publics desservent nos campus dans des conditions acceptables et que des logements décents pour étudiantEs soient construits en nombre suffisant, ou même, ouvrez des crèches dans nos universités pour permettre à toutes les femmes de venir travailler, étudier et se former.

Enfin, vous voulez discuter des droits des femmes, de liberté, d’égalité ? Des questions de genre, des droits des minorités sexuelles et raciales, des rapports sociaux tels qu’ils s’articulent aux politiques néolibérales de destruction des services publics et de privatisation des biens communs (qui transforment le savoir en marchandise par le biais de politiques que le PS relaie depuis des années) ? Venez dans nos cours et nos séminaires, dans nos départements, nos équipes de recherche, écoutez les enseignantEs, les étudiantEs, voiléEs, pas voiléEs, qui débattent, construisent ensemble une pensée critique à même de servir les connaissances qui nourriront les bibliothèques de demain comme les luttes menées en commun pour faire advenir un monde meilleur dont vous semblez avoir déjà fait le deuil.

Le 6 mars 2015

Pour signer : https://www.change.org/p/madame-pascale-boistard-secrétaire-d-etat-déléguée-aux-droits-des-femmes-lettre-ouverte-à-la-secrétaire-d-etat-aux-droits-des-femmes?just_created=true

Marche de nuit à Marseille le 7 mars

Appel à la Marche de Nuit non-mixte* à Marseille

Samedi 7 mars 2015 à 20h00 devant les grilles du Palais Longchamp côté têtes de lion/fontaine

La rue est à toi, viens à la Marche !

Pour se rencontrer, crier, chanter notre rage. Parce que c’est l’occasion de faire quelque chose ensemble, un moment où l’on s’affirme où l’on se sent fortEs et fièrEs   quelles que soient nos différences de vies ou de vécus.

Nous sommes solidaires et en colère !

Nous prenons la rue et la parole pour affirmer:la liberté de décider de nos vies partout et toujours ! Marchons la nuit, pour ne plus nous faire marcher dessus le jour !

*entre femmes, féministes, gouines, meufs, trans, lesbiennes

Mail de contact: marche-de-nuit-marseille@riseup.net. Si tu as des difficulés à faire garder tes enfants ce soir-là, envoie-nous un e-mail et on s’organisera collectivement pour trouver un baby-sitter.à 17h00, retrouvons-nous pour un repas, une rencontre, des tables de presse au Planning familial, 106 boulevard National, 13003 Marseille.

 Cliquer ici pour voir l’appel (PDF): appelMarche

 

 

 

Pourquoi c’est important de soutenir la Case de santé à Toulouse

Pourquoi c’est important de soutenir la Case de santé

Pétition pour une santé pour tous-tes par La Case de Santé
7 novembre 2014

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Depuis huit années au cœur du quartier Arnaud Bernard à Toulouse, la Case de Santé a développé un projet innovant en matière de santé. Si aujourd’hui, les valeurs et principes mis en œuvre dans son projet de santé trouvent un écho dans les discours publics en matière de santé, il n’en a pas toujours été ainsi, et surtout les actes peinent à suivre les paroles.

Il a fallu beaucoup de ténacité et de volonté à l’association et à son équipe salariée pour convaincre les pouvoirs publics de l’utilité sociale du projet porté. La démonstration s’est faite de manière pragmatique, en mettant en œuvre des missions dont la pertinence ne fait plus aucun doute. La Case de Santé n’a plus le temps d’attendre qu’une réforme de la santé donne enfin des moyens aux priorités annoncées sans que des financements ne soient dégagés.

Huit années plus tard, la reconnaissance de la pertinence et de la qualité du travail accompli au sein de la structure est unanime. Cette reconnaissance, pour précieuse qu’elle soit, ne suffit pas à faire vivre la structure dont les besoins sont pourtant très modestes. La Case de Santé est citée, louée, montrée, érigée en modèle opérationnel, inscrite dans des plans et des contrats locaux… mais dès qu’il s’agit d’organiser son financement à hauteur de ses besoins réels, c’est une autre histoire !

Si les pouvoirs publics ne dégagent pas les moyens nécessaires d’ici-là, la Case de Santé fermera ses portes au 1er novembre 2014 :

1 300 usager-e-s, la plupart en situation de grande vulnérabilité sociale, se trouveront privé-e-s de leur lieu de santé, celui où ce qui n’était pas possible ailleurs le devenait.

11 professionnel-le-s se trouveront alors au chômage. Toute une équipe patiemment composée et renouvelée détruite ainsi que l’assemblage de compétences spécifiques réunies.

Ce sont des terrains de stage, uniques dans la région, ouverts aux futur-e-s professionnel-le-s du travail social et en médecine générale qui disparaîtront.

Nous ne nous résignons pas devant la situation qui est la nôtre aujourd’hui, comme hier et avant-hier. Nous engageons notre énergie à trouver les solutions pour sauver la structure, en plus de l’engager au service de nos usager-e-s.

Les grands discours sur les inégalités sociales de santé, la réforme du système de santé sonneront encore plus creux quand la Case de Santé aura fermé ses portes. Ce qui se passe pour la Case de Santé est la conséquence des choix politiques en cours qui, à terme aboutiront à la casse de l’ensemble de notre système de solidarité et de santé. Les coupes budgétaires ont des conséquences bien réelles et elles frappent les plus vulnérables.

Nous demandons :

que des financements soient débloquées en urgence pour éviter la fermeture de la Case de Santé en 2014

qu’une table ronde réunissant les partenaires financiers de la Case de Santé soit organisée, sous l’égide de l’ARS, pour aboutir à des engagements pour un financement pérenne.

P.-S.

Suite l’actualité de la lutte : www.casedesante.org.
Signer la pétition

▶ La Case de Santé en lutte pour sa survie – Rassemblement du 7 novembre 2014 – YouTube.

Projection de « Entre leurs mains » à Digne

entre leurs mains2Comment considère-t-on la naissance et le corps de la femme aujourd’hui ? Quelle place laisse-t-on encore à l’humain dans l’acte de donner la vie ? Muriel, Jacqueline, Sidonie et Cécile accompagnent des personnes qui souhaitent donner naissance à domicile. Ces sages-femmes nous invitent à découvrir leur pratique et leur vision de la venue au monde. En France, le choix de cette alternative prend, aujourd’hui, la forme d’une lutte. Même si cette pratique n’est pas officiellement illégale, les préjugés sont tenaces. Les sages-femmes sont soumises à des pressions administratives sans cesse plus étouffantes, tendant à faire disparaitre une des dernières alternatives à l’accouchement médicalisé.

Jeudi 2  Octobre à 18h30, projection du film « Entre leurs mains » de Céline Darmayan, au Cinétoiles à Digne.
Un superbe documentaire sur la naissance respectée, suivi d’une table ronde avec les professionnels de la naissance de la région.

Voir la bande annonce par ici.

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